L''histoire du lieu

La chambre d'hôtes des Vignes


Etre au plus près du vivant, vivre au fil des quatre saisons en tentant d'approcher l'autonomie alimentaire et énergétique.

En acquérant cette longère en 1992, le pari était de la rénover avec essentiellement des matériaux naturels et de récupération afin de conserver son caractère local et rural. Durant plusieurs années, nous avons parcouru salons et festivals dans le domaine de l'habitat et adhéré à l'association Maisons Paysannes de France, dont la délégation percheronne était très active. Conseils, journées pratiques et visites entre adhérents nous ont apportés de nombreuses connaissances.

La rénovation de la maison...

La première expérience fut l'utilisation du chanvre, proposé par une entreprise sarthoise. Un béton de chanvre au sol de la cuisine avant la pose des tomettes, puis du chanvre pour l'isolation. Il faut dire qu'à cette époque les techniques étaient un peu hasardeuses, aucune expérience de ce genre n'était conduite dans la région. Il a fallu convaincre les artisans et les copains d'utiliser la chaux et le sable du Perche, proscrire le ciment et user de beaucoup de témérité pour expérimenter le mélange chanvre et chaux sur les murs.

En 2004, le temps était venu d'installer un système d'épuration des eaux usées et pas question d'installer des toilettes avec chasse d'eau! Des visites sur le site écologique de la famille Baronnet dans le 44 et la lecture de leur ouvrage « la maison autonome  » nous ont guidé vers l'installation de petites lagunes de phyto-épuration. Nous avons ensuite perfectionné nos connaissances en toilettes sèches grâce à la lecture du professeur universitaire Belge, Joseph Országh. Enfin des toilettes sèches sont arrivées à l'intérieur de la maison! L'installation d'un chauffe-eau solaire et d'une douche ont rendu la vie luxueuse.

Le projet de créer une chambre dans l'ancienne écurie a pu commencer...

Afin de refaire le plafonds en torchis, d'autres plafonds en torchis ont été démontés et récupérés dans le voisinage. La terre a été cassée, les bois de châtaignier ont été réutilisés pour fabriquer les « quenouilles » et les poser entre solives. Avec l'aide des membres du SEL local (Système d'Echange Local), nous avons pu commencer les premières poses: baguettes de châtaignier entourées de paille mélangée à l'argile. Un long travail... pas de quoi s'ennuyer les fins de semaines !

Après quelques années, le coup de main salutaire des adhérents de MPF (Maison Paysanne de France) a permis de passer à la suite : la réalisation de l'enduit chaux-sable entre-solivage et d'un plancher de terre crue (au-dessus) de la chambre  et ceci grâce au remarquable savoir faire de Marie Meunier, maçonne dans la région, nous avons réussi à parfaire ce plafond.

Pour poursuivre la restauration, la Société coopérative Ecopertica, nous fit découvrir les multiples usages du chanvre et de l'argile dans la construction. Quelle aubaine, le site est argileux, il suffisait d'en extraire! La réalisation de cette pièce a permis de tester plusieurs techniques, même de manière empirique, car pour Colette : . « Ce n'est pas trop mon truc, dit-elle,  de peser, tester par petites quantités, je suis passée directement en « grandeur nature » ! Avec parfois des « hic », des petites choses à corriger, un apprentissage sur le tas en somme. »

Puis arriva le temps de sa retraite en mai 2012. Le programme était tout trouvé ! Histoire de ne pas désapprouver le dicton : « ha, les retraités, ils sont toujours occupés ! »

Les murs ont été doublés dans une structure bois, d'argile/paille, d'argile/chanvre ou d'argile/roseaux récoltés dans les lagunes de phytoépuration. Puis, elle passa  à l'expérimentation des enduits à l'argile, avec du chanvre, du crottin d'âne ou encore de la poudre de marbre, aux résultats bien différents.

Une partie a été peinte avec de la peinture tempéra au pigment jaune, une autre partie est restée brute.

Du plafond passer au sol...

Pas question de « décaisser » 45 cm! L'option a été prise sur 27 cm d'étaler, sur la plaque d'argile, du verre recyclé. « On dirait de la pierre ponce »  disaient les visiteurs. Puis, réalisé par un artisan, l'étalement d'un mortier de chaux/schiste avant la pose de tomettes récupérées au fil des années et nettoyées par nos soins. Leurs couleurs sont celles des argiles de la région, du jaune au rouge.

La réalisation des extérieurs...

Pendant ce temps, 300 arbres ont été plantés pour réaliser des haies et un petit bosquet sur un terrain de 5000 m2 (cédé par un voisin qui supprimait sa prairie). Un jardin en permaculture a pu être développé, et le chauffage aux granulés de bois a été installé. Ce qui complète bien la cuisinière bois bûches à double combustion. Celle-ci  permet de cuisiner l'hiver. L'été le four solaire est en fonction.

Tout ceci a pu être réalisé grâce aux réseaux de connaissances régional notamment sur l'habitat, mais aussi environnemental et culturel. Les conseils et les avis des uns et des autres ont été des sources très précieuses, et Colette qui vous accueillera est soucieuse de partager toutes ces expériences .

Par ailleurs, elle était documentaliste et transmettre des informations et leurs sources l'ont passionné. Elle est également conseillère en Fleurs de Bach : "une « corde à son arc » qui contribue à l'écoute, au partage et à l'accueil en toute simplicité et humilité. "Les rencontres avec les hôtes m'enchantent. L'envie de vous faire découvrir tout ce Vivant m'anime !"